Accueil International VIDEO. Municipales 2020 à Marseille : « S’allier avec Vassal, c’est difficile. Mais avec ses colistiers, pourquoi pas ? », lance Bruno Gilles (DVD)

VIDEO. Municipales 2020 à Marseille : « S’allier avec Vassal, c’est difficile. Mais avec ses colistiers, pourquoi pas ? », lance Bruno Gilles (DVD)

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Le candidat dissident de la droite Bruno Gilles dans son bureau de maire honoraire du troisième secteur de Marseille — Philippe Magoni/ Sipa pour 20 Minutes
  • Après le premier tour des élections municipales le 15 mars, il reste quatre candidats à la mairie de Marseille.
  • Candidat dans trois secteurs, le candidat dissident de la droite Bruno Gilles tente de se faire une place face à sa principale rivale, la candidate LR officielle Martine Vassal.
  • Fin tacticien, Bruno Gilles entend peser dans cette élection, que ce soit au second tour comme au troisième par le jeu des alliances, y compris avec des colistiers de Vassal.

Bruno Gilles cherche les clés de ce bureau de maire de secteur qu’il occupe depuis 1995, même si le sénateur, cumul des mandats oblige, n’est désormais plus que maire honoraire des 4e et 5e arrondissements de Marseille. « Celles-là, je suis pas près de les donner », lance-t-il. Soutenu un temps par ses anciens amis, les pontes de la droite locale, avant d’être lâché par tous au profit de Martine Vassal, celui qu’on appelle désormais le candidat dissident de la droite aux élections municipales de Marseille compte bien peser dans l’issue scrutin à venir, malgré ses 10,65 % au premier tour et sa présence dans trois des huit secteurs de la ville.

Le candidat dissident de la droite Bruno Gilles dans son bureau de maire honoraire du troisième secteur de Marseille
Le candidat dissident de la droite Bruno Gilles dans son bureau de maire honoraire du troisième secteur de Marseille – Philippe Magoni/ Sipa pour 20 Minutes

L’affaire des procurations, selon vous, ne révèle-t-elle pas des pratiques de longue date ?

C’est faux. J’ai été quatre fois directeur de campagne de Jean-Claude Gaudin et de Renaud Muselier. On a toujours gagné, à la loyale. Je n’ai jamais fait des choses comme ça. Je n’ai jamais vu ça. Et quand je dis, je n’ai pas jamais vu ça, ça ne veut pas dire que ça s’est fait dans mon dos. Ça ne s’est jamais fait. Et là, je trouve que ça a été du bricolage industriel qui a débouché sur une véritable affaire. Et tous les jours, on en découvre une.

Pourquoi vous êtes-vous maintenu au second tour au lieu de fusionner avec Martine Vassal ?

Le prochain maire de Marseille ne sera pas celui qui gagnera quatre secteurs et qui aura 51 élus minimum. La gauche au sens très large du terme a fait le plein de voix au premier tour. Je pense qu’ils n’ont plus de réserve. Et moi, je reconnais que mes électeurs sont restés plutôt à la maison. Ensuite, je vous dirai : qui sait si des fusions m’ont été proposées ? Moi, personne ne m’a parlé. Les deux seuls qui m’ont parlé, c’est le président du Sénat Gérard Larcher et l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy. Bon, c’est un peu étonnant qu’on soit obligé de passer par Paris pour trouver le téléphone de Bruno Gilles.

Vous étiez partis avec le soutien de toute la droite. Vous finissez assez seul. N’avez-vous aucun regret à être allé jusqu’au bout, coûte que coûte ?

Pas des regrets, mais des déceptions. Au début, j’avais le soutien de Jean-Claude Gaudin. Je ne l’ai pas inventé. Le 18 juin 2018, sortant presque d’un cercueil que certains avaient peut-être fermé un peu hâtivement après ma greffe du cœur en décembre 2017, je vais dans les jours qui suivent rencontrer Jean-Claude Gaudin, de nouveau Martine Vassal, de nouveau Renaud Muselier, pour commencer à leur dire que je suis en pleine forme. Je suis tellement en pleine forme que je suis toujours candidat. Ils le savent, bien avant les autres. Personne ne me stoppe à l’époque. Pourquoi ? Si on rembobinait le film, je suis sûr qu’il y en a beaucoup qui se mordent les doigts et qui se disent : « On aurait dû imposer ce ticket. » Vassal pour la métropole et Gilles pour la mairie. On aurait sans doute fait 35 % dès le premier tour et on aurait plié le match le 15 mars, malgré le Covid et la faible participation. Et, comme beaucoup de fois, j’aurais peut-être été à la fois candidat et directeur de campagne. On ne se refait pas. Et peut-être qu’en tant que directeur de campagne, j’aurais empêché qu’on fasse quelques conneries.

Ça n’a pas été facile d’aller au bout. La facilité, ça aurait été d’arrêter de négocier. Je crois, à un moment, il faut un peu d’éthique et pouvoir se regarder devant la glace tous les matins. A un moment, quand on se fixe un objectif, si on ne l’a pas atteint, il faut sortir un peu propre, droit dans ses bottes. J’ai fait un choix et des gens m’ont suivi. Trahir ceux qui m’ont soutenu depuis le début, c’est dur. Je ne suis pas un kamikaze. Mais moi… J’irai jusqu’au bout, et on verra le troisième tour.

Justement, en cas de majorité relative, avec qui comptez-vous vous allier pour le troisième tour ?

Je vais travailler au coup par coup, en fonction des sujets. Moi, je serai candidat selon les résultats. Si je gagne le 2-3, le 4-5 et que je fais des résultats dans le 11-12, j’arrive au conseil municipal avec quinze élus. Avec quinze élus, vous pesez ! Je ne peux pas répondre à la question des alliances tant que l’on ne connaît pas les résultats. S’il y a défaite dans le 2-3 et dans le 4-5, je suis pas candidat. Et on verra pour qui je vote. Vous savez aujourd’hui qui sera candidat au troisième tour ? Personne ne le sait. Comme vous ne le croyez pas, je vous le fais sur un petit papier. (Il sort un post-it et compte les scénarios probables secteur par secteur) Dans l’hypothèse la plus basse, vous avez 64 possibilités. Donc comment voulez-vous [savoir] avec toutes ces possibilités ?

Quand Bruno Gilles fait les comptes...
Quand Bruno Gilles fait les comptes… – Philippe Magoni/ Sipa pour 20 Minutes

Mais la politique, ce n’est pas de l’arithmétique, si ?

Ah, si ! Tout est une question de calcul et surtout, tout est une question de résultats dimanche. Et pourquoi aller s’enfermer dans une hypothèse qui vous collera aux baskets après le 28 juin juste pour vous faire plaisir et répondre à la question ? On peut se retrouver dans un équilibre où le RN a deux secteurs, Ghali a son secteur ou pas, moi j’en ai peut-être deux, Vassal deux. On va arriver dans ce truc mi-figue mi-raisin où tout le monde va retrouver un peu ses petits. Et là, il y a quelqu’un qui va sortir. Et ce quelqu’un qui sort, ça peut être n’importe qui, qui devra s’allier peut-être aussi avec n’importe qui. Mais à un moment, évidemment, les alliances devront se faire sur du projet. Et peut-être que les six ans à venir se feront sur quelque chose qu’on a jamais imaginé sur la ville de Marseille. Une minorité qui va additionner d’autres minorités pour à un moment se mettre d’accord sur des projets et des grands pôles. Se dire qu’on va cohabiter.

Le RN va rester dans son coin. Il va y avoir une difficulté avec certains du Printemps marseillais, c’est évident. Si Martine Vassal perd le 6-8, j’ai toujours dit qu’avec elle, ce sera difficile. Mais avec ses colistiers, pourquoi pas ? D’ailleurs, certains, comme par hasard, ont retrouvé mon numéro de téléphone, sans passer par Nicolas Sarkozy. On se reparle beaucoup. Ça sera croustillant. Attendez le croustillant et n’y allez pas trop vite. Maintenant, c’est dur de vous répondre franchement ou on vous répond n’importe quoi.

Qui soutiendrez-vous à la tête de la métropole ?

Un maire. Aujourd’hui, je ne peux pas vous dire qui, car on n’a pas tous les résultats de toutes les communes. Mais ça ne peut plus être un Marseillais ou une Marseillaise. D’abord, parce que, de suite, il y a la suspicion des autres qui se disent : « Il préside pour prendre notre pognon et le filer dans la ville qui est pauvre. » Moi j’en ai marre que les autres disent : « Nous, on est riche et vous, vous êtes des clochards ! » Non ! A Marseille, on n’est pas des clochards. Il faut arrêter ce discours.

D’un autre côté, il faut qu’on puisse avoir une vraie convention de projets, d’objectifs. Et là, on va toujours être suspect, si c’est un maire. Or, si c’est un extérieur, il va se porter garant mais il va représenter finalement tous les maires. Et lui, il ne sera pas obligé de faire le fameux gros mot là, le clientélisme.

Pensez-vous rester sénateur après ces municipales ?

Si je suis élu, ce sera Marine Pustorino la maire de secteur. Et moi, je serai simple conseiller municipal. Donc là, il n’y a aucune interdiction. Dans ces cas-là, moi je continue à être au Sénat, ce qui est logique. Ça permet d’avoir un pied au niveau national. Ça permet de pouvoir aider. Et puis, vu les inquiétudes de certains dans les parlementaires, ça me permet de rester celui qui compte pour la suite. Teissier, il va arrêter, c’est son dernier mandat de député. Il ne reste plus que Valérie Boyer et moi en élus marseillais de l’ex-majorité municipale.

Donc, c’est intéressant d’y rester. Ça sera intéressant de savoir comment on fait la liste sénatoriale. Est-ce qu’il y aura une liste face à moi ? Comme par hasard, le 1er juillet, je suis invité à Paris pour une réunion de préinvestiture des listes sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône. Pour le Sénat, c’est le groupe du Sénat LR et apparenté qui choisit les candidatures. Et comme je suis apparenté… Il m’invite pour parler des sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône où je serai candidat si je ne suis pas maire. Je ne demanderai pas l’investiture, loin de là. Mais qui sait ? Je peux mener une liste sénatoriale soutenue par les Républicains et sans avoir de liste en face. On m’invite bien pour parler de quelque chose… C’est rigolo !

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