Accueil À La Une “Trahi, tué et démembré par son ex-assistant” : Chronique de la mort atroce de Fahim Saleh à New York, patron de l’entreprise GOKADA

“Trahi, tué et démembré par son ex-assistant” : Chronique de la mort atroce de Fahim Saleh à New York, patron de l’entreprise GOKADA

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Devant une séquence insoutenable d’un film d’horreur, on peut détourner le regard, éteindre son écran ou se rassurer en pensant que ce n’est que du cinéma. Quand la fiction devient réalité, il n’y a plus d’échappatoire. En poussant la porte de l’appartement de son cousin mardi à Manhattan (Etats-Unis), une jeune Américaine a ainsi été confrontée à une scène macabre particulièrement traumatisante.

Dans le salon envahi par le silence, elle a aperçu un torse humain posé dans un coin de ce luxueux logement acheté 2,25 millions de dollars par Fahim Saleh, dynamique et humaniste patron de start-up âgé de 37 ans. Arrivés à leur tour au 7e étage de cet immeuble du quartier Lower East Side, les policiers découvriront près du buste une scie électrique encore branchée, un aspirateur portable, des produits de nettoyage, et surtout de grands sacs plastiques contenant la tête et les quatre membres de la victime. Une victime qui est aussitôt identifiée comme Fahim Saleh, et dont le meurtrier présumé a été officiellement mis en accusation samedi à New York.

Habillé comme un ninja, masque et gants en latex noir

Assistant personnel de l’entrepreneur durant plusieurs années, Tyrese Devon Haspil, 21 ans, est soupçonné d’avoir tué son ex-employeur lundi en le poignardant au niveau de la poitrine et du cou, puis d’être revenu dépecer le cadavre le lendemain. Selon des enquêteurs, ce jeune homme originaire de Long Island aurait essayé de faire passer ce crime pour celui d’un tueur professionnel, un acte potentiellement en lien avec les activités de la victime. Le but ? Ne pas attirer les soupçons sur lui. Il faut dire que Tyrese Haspil avait toutes les chances de figurer sur une liste resserrée de suspects.

Diplômé d’une école de New-York, où il a remporté un prix pour la création de sites Web, le jeune homme avait été licencié par Fahim Saleh après que ce dernier a découvert qu’il lui avait dérobé une forte somme d’argent, environ 90 000 dollars. Le patron de start-up, pour lequel Tyrese aurait travaillé dès l’âge de 16 ans en commençant par promener son chien, ne s’est pas montré sévère. Il a décidé de ne pas déposer plainte, charge à son ancien proche collaborateur de rembourser sa « dette » en respectant un échéancier de paiement. Son ex-assistant a, semble-t-il, opté pour une tout autre solution.

L’assassin de Fahim Saleh a été filmé par les caméras de sécurité de l’immeuble ultra-résidentiel de la victime. Enregistrées lundi, les images montrent un homme assis dans le hall. À l’arrivée du chef d’entreprise, il se lève et le suit, un sac de voyage sur l’épaule. Il est vêtu intégralement de noir et porte un masque et des gants en latex, noirs eux aussi. « Habillé comme un ninja, impossible de voir le moindre détail de son visage », commentera un policier.

Les deux hommes se retrouvent dans l’ascenseur privé qui débouche directement dans l’appartement de l’entrepreneur. Au 7e étage, on devine un bref échange entre eux. Puis le « ninja » neutralise Fahim Saleh en lui tirant dans le dos avec un pistolet à impulsions électriques. Le trentenaire s’écroule. Les portes de l’ascenseur se referment sur cette dernière image inquiétante.

Dérangé par la sonnerie de l’interphone

Le lendemain, une cousine du jeune homme d’affaires s’étonne de ne pas avoir de ses nouvelles. Elle choisit de se rendre chez lui. Sonne à l’interphone. N’obtient aucune réponse. De plus en plus intriguée, la jeune femme décide d’aller voir dans l’appartement. La proche parente de Fahim tombe sur cette scène d’épouvante mais bien réelle. Quelques heures plus tard, le crime barbare inonde les journaux new-yorkais et leurs sites d’informations.

On y lit que les bras de la victime ont été découpés avec méthode sous les épaules, les jambes avec la même précision chirurgicale sous les genoux. L’auteur de ces démembrements, qui a aussi tranché la tête, aurait attendu que le sang de la victime coagule, ce qui pourrait expliquer l’absence d’hémoglobine dans la pièce… Bref, un travail de tueur sadique et chevronné. À un détail près.

Pourquoi avoir abandonné les sacs plastiques utilisés d’ordinaire pour des gravats ? Et la scie ? Les enquêteurs vont vite comprendre que, ce mardi, le meurtrier, filmé avec un sweat-shirt à capuche gris cette fois, est revenu faire disparaître le corps et nettoyer toutes traces suspectes. Mais il a été dérangé par la sonnerie de l’interphone. Et il s’est enfui séance tenante par une porte à l’arrière puis en dévalant une cage escalier pendant que la cousine de la victime montait au 7e étage.

Ce crime ne retient pas seulement l’attention des médias à cause de sa dimension barbare. Il y a aussi la personnalité de la victime. À 37 ans, Fahim Saleh est riche et déjà célèbre. Ce charismatique patron, dépeint par certains comme un « Gourou des nouvelles technologies », incarne ces réussites sociales dont raffole l’Amérique.

Un gourou des nouvelles technologies à la fibre sociale

Né en Arabie saoudite d’un couple de Bangladais appartenant à la classe moyenne, Fahim migre avec ses parents et ses deux sœurs dans l’État de New York. Il s’intéresse très jeune à Internet, univers qui le fascine. Peu à peu, il lui sacrifie sa passion des jeux vidéo. Encore ado, Fahim monte un site web pour sa famille, puis se découvre des talents de programmateur et lance des blogs, embryon de business qui lui rapporte quelques dollars. Étape suivante : une application pour livrer des repas aux étudiants, projet déjà plus rentable. Sa voie est tracée.

Diplômé d’une université dans le Massachusetts, le jeune homme frappe un premier grand coup en 2009 en créant PrankDial, une application qui permet aux utilisateurs d’envoyer des blagues ou des canulars téléphoniques préenregistrés. Un succès en millions. Six ans plus tard, Fahim est l’un des cofondateurs d’une start-up de covoiturage moto au Bangladesh. En 2018, il quitte cette entreprise pour se lancer dans l’aventure de Gokada, application de covoiturage moto développée au Nigéria.

Le jeune Américain est guidé par son sens des affaires mais aussi sa fibre sociale. Gokada, qu’il ne considère pas comme une simple entreprise mais « une mission » doit fournir un travail à des centaines de jeunes diplômés et ambitieux mais sans emploi. Un simple « tremplin » pour une autre vie selon l’espoir de Fahim.

Admiré pour son esprit novateur, Fahim Saleh est également apprécié humainement. « Quelqu’un d’extrêmement intelligent, ambitieux, mais aussi très gentil et toujours souriant », ont réagi ses amis proches dans plusieurs médias américains. Un homme bon également. Il se serait ainsi toujours montré généreux avec Tyrese, lui offrant des émoluments importants qui ont permis à l’assistant de régler les dettes de plusieurs membres de sa famille. Cette libéralité a peut-être fini par lui coûter la vie…

Des erreurs de débutant

En retournant sur les lieux de son crime mardi, l’assassin pensait mettre une dernière touche à son scénario destiné à orienter les enquêteurs sur la piste d’un règlement de compte liés aux activités de l’homme d’affaires. D’autant que son ancien patron a connu des déconvenues. Le Nigeria a finalement interdit le service lancé par Gokada, obligeant son fondateur à licencier des centaines des personnes.

Fahim Saleh avait par ailleurs levé plusieurs millions de dollars dans un fond de capital-risque investissant dans des start-up en Colombie et au Bangladesh. Des sociétés spécialisées dans les services numériques destinés à « rendre la vie meilleure » dans les pays en développement.

L’idée, pour Tyrese, était de rendre crédible la thèse d’un différend commercial réglé dans un bain de sang. Mais le jeune homme va se montrer imprudent. Selon un enquêteur cité par le New York Times, le meurtrier présumé a commis « plusieurs erreurs de débutant ».

Le « Elon Musk des pays en développement »

D’abord en commandant sur le Net un pistolet à impulsion électrique en utilisant, semble-t-il, sa propre carte de crédit, puis en signant le colis expédié en juin. Autre imprudence, il a été filmé mardi à 9h30 dans un magasin de Manhattan en train d’acheter une scie électrique et des produits de nettoyage. Maladresse plus grossière encore, Tyrese aurait utilisé une carte de crédit de son ancien patron pour régler des ballons de baudruche destinés à fêter l’anniversaire de la femme avec laquelle il séjournait à Soho. Autant d’erreurs qui ont conduit à son arrestation vendredi matin.

Dans une combinaison de détenu aussi blanche que son costume de ninja était noir, Tyrese Devon Haspil, masque bleu sur le visage, a refusé de répondre aux questions lancées par les journalistes lors de son transfert vers la prison. Celui qui n’avait jusqu’ici pas de casier judiciaire a été inculpé de meurtre au 2e degré samedi. La juge a ordonné son incarcération, sans caution.

Les avocats du suspect ont indiqué que leur client avait plaidé non coupable, invitant le public à la prudence et à l’impartialité dans une affaire qui s’annonce longue et complexe. Une affaire qui a avant tout plongé dans un « insondable » chagrin la famille de Fahim Saleh, que ses amis surnommaient le « Elon Musk des pays en développement ».

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