Accueil Sciences &Technologies « The Last of Us Part II » : Un jeu vidéo au-delà du bien et du mal

« The Last of Us Part II » : Un jeu vidéo au-delà du bien et du mal

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Ellie, à la fois héroïne et anti-héroïne de « The Last of Us Part II » — Sony

– ATTENTION SPOILERS – ATTENTION SPOILERS – ATTENTION SPOILERS –

– ATTENTION SPOILERS – ATTENTION SPOILERS – ATTENTION SPOILERS –

«Une expérience viscérale.» C’était le résumé de nos impressions sur The Last Of Us Part II, la manette en main et les accords de non-divulgation signés. Car si un jeu vidéo ne doit pas être spoilé, c’est bien celui-ci, surtout après les fuites dont il a été victime. Mais il est aussi très difficile de rendre compte de son originalité et de sa puissance, sans évoquer certains pans et personnages de l’histoire. Notre premier texte était donc sans spoiler, et avec un peu de contorsions, mais il avait besoin d’être accompagné d’un second éclairage, pas non plus 100 % spoiler, mais quand même spoiler. Vous êtes donc prévenu, mieux avoir bien avancé ou fini le jeu.

– ATTENTION SPOILERS – MAIS GENRE VRAIMENT – ATTENTION SPOILERS –

La question a été posée au créateur du jeu Neil Druckmann : le joueur joue-t-il uniquement Ellie ou également d’autres personnages, comme il contrôlait Joel (beaucoup) et Ellie (un peu) dans le premier The Last of Us ? La réponse est oui, et ce dès le début, puisqu’il commence l’aventure dans les bottes de Joel, mais seulement pour une poignée de minutes, une balade à cheval et un retour à Jackson. Comme un passage de flambeau. C’est tout ? Non, et c’est LA surprise de cette suite. Après une heure de gameplay avec Ellie, le joueur se réveille dans la peau d’un autre personnage, une jeune femme aussi, prénommée Abby. Qui est-elle ? Que fait-elle près de Jackson ?

« The Last of Us Part II » propose un gameplay plus riche et plus profond pour des combats plus intenses et une immersion totale
« The Last of Us Part II » propose un gameplay plus riche et plus profond pour des combats plus intenses et une immersion totale – Naughty Dog / Sony

Chacune est l’antagoniste de l’autre

Il l’apprendra plus tard lors d’un événement brutal et déclencheur (wink wink), mais une chose est alors claire : Abby est la méchante, l’antagoniste. Du moins du point de vue d’Ellie. C’est le tour de force de The Last of Us Part II, vous faire jouer alternativement, presque à égalité d’empathie et de temps, Ellie et Abby. Chacune est l’antagoniste de l’autre, et l’héroïne, voire l’anti-héroïne, de sa propre histoire. Dans l’histoire du jeu vidéo, le joueur a déjà, et même souvent, incarné un « méchant », un anti-héros, mais un antagoniste, c’est plus rare. Citons le bien nommé Half-Life : Opposing Force, les jeux Aliens vs Predator ou le dytique Golden Sun sur Game Boy Advance. Metal Gear Solid 2, lui, proposait unn changement de point de vue, à mi-parcours, sans prévenir.

«The Last of Us Part 2» met de nouveau en scène la jeune Ellie
«The Last of Us Part 2» met de nouveau en scène la jeune Ellie – Sony

Une histoire de vengeance et d’empathie

The Last of Us 2 pousse la logique encore plus loin, multipliant les parallèles de vie, de trauma, de violence entre Ellie et Abby, à rendre le joueur presque schizophrène, et surtout plus empathique. Comme le lâche la streameuse américaine Bree Morgan en plein marathon Twitch, lors du basculement de perspective : « Oh non, ne me faites jouer Abby, ne me faites pas me soucier d’elle ». Si Ellie a un jeu d’avance, et reste au final l’héroïne de la série The Last of Us, Abby n’en est pas moins un superbe personnage, que le joueur devrait détester mais apprend à appréhender, et même à apprécier. On en oublierait, à un moment, avoir contrôlé Ellie, tant on passe de temps avec Abby, ses amis, ses amours, ses pensées, sa vengeance. Car le jeu est une histoire de vengeance, de double vengeance.

Le calme avant la tempête pour Ellie dans « The Last of Us Part II »
Le calme avant la tempête pour Ellie dans « The Last of Us Part II » – Naughty Dog / Sony

« Saviez-vous que tuer, c’est mal »

Si Ellie et Abby sont très différentes, tout en étant des modèles d’inclusivité, elles sont animées par la même violence. Une violence imposée au joueur, infligée diront certains. Car s’il est parfois possible d’éviter le conflit, ou plutôt le carnage, le jeu ne laisse pas toujours le choix et met le joueur dans une situation inconfortable, émotionnellement et presque physiquement. Il doit tuer. Pour mieux comprendre le cycle de la violence ? Pas besoin répondent des joueurs et des commentateurs, comme le site américain de pop culture Polygon qui titre « Nous valons mieux que ça », accompagné d’un « saviez-vous que tuer, c’est mal » plein d’ironie.

Neil Druckmann avait prévenu, The Last of Us Part II divisera selon les personnes, les mentalités, les sensibilités. Si violence extrême il y a, à 20 Minutes, on retient plus volontiers, et peut-être paradoxalement, l’infinie empathie pour les personnages et ce qu’il reste d’espoir et d’humanité à la fin. « Ce qu’il reste de nous. »

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