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Réouverture des écoles: que dit la science des probabilités de contamination?

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Après le déconfinement progressif commencé le 11 mai, de nombreux établissements scolaires ont organisé et débuté leur réouverture, mais certains ont déjà fait marche arrière, par mesure de précaution suite à des cas de contamination d’élèves ou de professeurs. 
Cela pose des problèmes aux parents qui ont repris le travail, mais cela soulage aussi ceux qui craignent les contaminations à l’école ou sont préoccupés par le stress lié aux mesures de distanciation pour les plus petits. Est -il si nécessaire que les enfants soient soumis à des règles de distanciation si strictes? Les cerceaux agrafés à une chasuble pendant la récré peuvent être amusants, mais les heures de cours assis sans bouger de sa chaise le sont sûrement moins.
Les scientifiques sont en effet divisés sur les risques de contamination à l’école, et les parents ne savent pas si les écoles devraient rester complètement fermées, ou si la classe devrait reprendre sans mesures difficiles pour les enfants.

On ne connait toujours pas le rôle exact des enfants dans la transmission du virus

Certaines études montrent que même si les enfants sont moins susceptibles de tomber malades, s’ils sont infectés, ils sont aussi contagieux que les adultes. Comme l’explique un article de The Guardian , ces derniers mois la science a beaucoup progressé dans la compréhension du coronavirus, mais elle s’est peu penchée sur le cas des enfants, pour lesquels les scientifiques sont divisés.
La lacune la plus évidente qui empêche les politiques de déconfinement d’aborder la question de façon éclairée est qu’

on ne sait pas avec quelle facilité les enfants peuvent infecter les personnes à proximité.

Certaines études montrent un faible taux de contamination des enfants

Dans la ville italienne de Vò, où l’épidémie de Covid-19 a été très virulente, les autorités ont testé plus de 80% de la population et ont constaté que sur les 2,8% qui étaient positifs au coronavirus, aucun enfant de moins de 10 ans n’avait été dépisté contaminé. Cela était toujours le cas lorsque les tests ont été répétés deux semaines plus tard, et ce alors même qu’un certain nombre d’enfants vivaient dans des familles comptant des personnes contaminées.
D’autres études en Islande, en Norvège et en Corée du Sud ont également constaté de très faibles taux d’enfants dépistés positifs.
Au contraire, au Royaume Uni, les résultats de tests sur 10 000 personnes n’ont montré aucune différence de taux de contamination en fonction de l’âge. Selon les recherches menées par une équipe dirigée par Christian Drosten, expert allemand du coronavirus, à l’hôpital Charité de Berlin, aucune différence significative n’existe entre les catégories d’âge, y compris chez les enfants.  
Autre point important, mais qui reste à éclaircir, les enfants ne semblent pas être les vecteurs principaux de l’entrée du virus dans les familles. Une étude de l’Université du Queensland a trouvé qu’il était rare que des foyers soient contaminés par l’intermédiaire de leurs enfants.

Seuls 8% des enfants auraient transmis le Covid-19 au sein de leur famille, alors que le pourcentage d’enfants transmettant la grippe à leurs proches est en général de 50%.  

Les dommages collatéraux de l’ouverture ou fermeture des écoles

Les enfants sont donc probablement moins sujets à la contamination et à la transmission, mais pas les adultes qui travaillent avec les enfants. Comme dans les autres secteurs d’activité, le risque de contaminations lié à la reprise de l’activité est dû principalement au déplacement des adultes concernés, qui ont l’école comme lieu de travail.
La fermeture des écoles a été mal vécue par l’Education nationale et ses fonctionnaires, qui ont estimé le confinement comme “un grand risque”  de creuser les inégalités entre les familles ayant la possibilité de faire la classe à la maison et les autres. Entre 5% et 8% des élèves ont été “perdus” par leurs professeurs, qui n’ont pas pu les joindre pour assurer la “continuité pédagogique”. Certains professeurs ont cherché des manières d’aider les familles sans ordinateur ou imprimante, en livrant les devoirs imprimés, ou en lisant les exercices par téléphone.

Dans la plupart des pays, les écoles ont été les premières à fermer, avant le confinement, et les dernières à rouvrir, pour ne pas exposer les enfants. Pourquoi la France a-t-elle été si pressée de retrouver “le chemin de l’école”? Certains professeurs expriment des doutes sur la réouverture de l’école comme une façon d’empêcher le décrochage car les cas les plus vulnérables sont en risque permanent de décrochage, et sont justement ceux qui pourraient éviter la reprise des cours, qui n’est pas obligatoire.

Le retour à l’école est donc analysé par beaucoup comme une simple mesure économique, une manière de permettre aux parents de retourner au travail.

FranceSoir

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