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Criminalisation viol et pédophilie : Les ‘’énormes erreurs’’ de la loi

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Même si la criminalisation du viol et de la pédophilie est bien accueillie par la population Sénégalaise. Il n’en demeure pas moins qu’il y a certaines zones d’ombre dans le texte.
Le Sénégal a durci son arsenal législatif concernant le viol qui est passé de délit à crime, avec l’adoption d’une nouvelle loi criminalisant le viol et la pédophilie. Occasion pour les étudiants de Ejicom d’approfondir le débat avec le magistrat Alassane Ndiaye et le psychologue Kaira Thiam. Un débat bien fournit relaté par nos confrères d’Enqueteplus.
En effet, selon la loi, ‘’tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol’’. La définition est donc générale. Le texte ne fait pas de distinction de genre. Il s’applique aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Et sur ce point, le magistrat relève une première erreur. Techniquement, la femme ne peut violer (absence de pénétration sexuelle). On parle plutôt de contrainte (la femme contraint l’homme à coucher avec elle, par exemple).
Alassane Ndiaye souligne deux autres ‘’erreurs énormes’’. La loi considère une relation sexuelle avec une mineure de moins de 16 ans comme une pédophilie ; et de détournement de mineure, celle sur une personne âgée entre 16 et 17 ans. Alors qu’au même moment, le Code de la famille du Sénégal autorise le mariage à 16 ans pour la fille.
Ce qui veut dire que, dans ces deux cas de figure, la législation sénégalaise autorise le mariage et, en même temps, interdit sa consommation, car l’acte sexuel sur une mineure de 16 ans reste puni. Autant de manquements qui suscitent encore réflexion et des réserves quant à l’efficacité de la loi.
‘’Le viol enlève 20 ans d’espérance de vie à une personne’’
L’autre problème est que la loi criminalise certes le viol, mais ne prévoit pas des dispositifs pour la prise en charge de la victime. Ce qui est pourtant le cas dans le Code de procédure pénale français auquel s’est beaucoup inspiré le Sénégal.
Ce qui fait qu’au moment où le coupable est en prison, la victime peut garder toute sa vie des séquelles. Or, sur ce cas, la loi ne prévoit aucune obligation de prise en charge médicale ou psychologique pour les victimes, malgré les conséquences qu’un tel acte peut entraîner.
‘’Le viol enlève 20 ans d’espérance de vie à une personne, quand elle n’est pas prise en charge. C’est énorme. Cela entraîne un certain nombre de problématiques psychiques, physiques et psycho-sociales qui font que la personne ne peut plus engager sa force physique, ses compétences et qualités dans l’effort général de développement. Ce qui veut dire que, d’une part, on perd des personnes à cause d’une situation qui pourrait éventuellement être évitée par une bonne prise en charge’’, souligne de sa part Khaïra Thiam, psychologue clinicienne, spécialisée en pathologie psychiatrique et criminologie clinique.
Elle estime qu’il ‘’est fondamental de mettre en place des dispositifs pour la prise en charge des victimes qui va inclure des soins physiques et psychiques, parce que l’un ne va pas sans l’autre’’.
Pour cela, considère la psychologue, il faut former des professionnels capables de faire la prise en charge. ‘’Il est important de mettre en place les ressources nécessaires qui feront que tout le monde aura la chance de participer au développement, y compris les personnes victimes de violences sexuelles’’, estime Mme Thiam.
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