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#COVID19 : Quand un cheveu devient un antivirus salvateur….

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« Cheveu antivirus » et refus de surseoir à la prière de vendredi : Sommes-nous devenus fanatiques ? Loin d’être contraire à la raison, comme peuvent le soutenir certains, la foi n’est que cette autre faculté dont l’homme fait suage quand son bon sens bloque face à certaines barrières. Le libre arbitre peut donc pousser l’être humain à faire parfois des choix importants.  Comme la situation qui s’offre à nous, en l’occurrence l’avènement du COVID-19, il est intéressant qu’on ait foi en Dieu mais celle-ci ne peut que se traduire par le rapport que nous avons avec les consignes des médecins. Face à la panique générale, le peuple sénégalais semble avoir perdu la raison au profit d’une foi qui ne se justifie point. Surtout quand il pense devoir son salut à un cheveu miraculeux. Quand un cheveu devient un antivirus salvateur Depuis hier, circule sur les réseaux sociaux une recette antivirus miraculeuse qui serait tirée du Coran. Selon l’audio partagée de façon virale, celui qui ouvrirait le Coran trouverait dans une sourate bien déterminée un « poil » qui pourrait le prémunir du virus à condition qu’il le boive. Naturellement, à cause de la peur du COVID-19, tout le monde ou presque s’y est. Le désir d’être immunisé face au coronavirus fait que certains adoptent des attitudes déraisonnables. Peu de gens, gardant leur lucidité, ont refusé de croire au miracle de cette espèce de « poil antivirus », même si leur foi au Coran ne souffrirait d’aucun doute. Cette situation est tout simplement symptomatique de notre discipline et notre éducation. Elle nous rappelle par-dessus le marché que les Sénégalais, comme les autres peuples, ont soif de trouver un antidote à cette maladie jusque-là sans vaccin. Cependant, en lieu et place de recherches comme cela se fait ailleurs dans une sorte de course contre la montre, une partie du peuple pense que le remède doit être non scientifique mais miraculeux. Pour ces gens-là, le COVID-19 n’est pas qu’une pandémie, c’est une malédiction que le Seigneur a fait descendre sur l’humanité pour éprouver les pécheurs et les incrédules. Le refus de suspendre les prières de vendredi, le fanatisme à l’état pur. De la même manière que la foi en cette rumeur infondée, celle consistant au refus de surseoir à la prière de vendredi est déraisonnable. Foi, il faut le rappeler, n’est pas forcément ennemi de raison. Ce que semblent ignorer les gens qui s’obstinent à maintenir leurs prières du vendredi contrairement à la décision de l’Association des Imams et Oulémas du Sénégal. Loin d’être une question de choix, la non tenue des prières de vendredis, qui peuvent regrouper jusqu’à plus de mille fidèles, est devenue impérative. Le Coran, ne nous a-t-il pas conseillé d’ailleurs de demander aux hommes de sciences si l’on ne sait pas ? (Sourate Al-Anbiyaa, verset 7). Au lieu d’attendre que l’Etat leur impose la force, puisque force reste toujours à la loi, les différents porteurs de voix ne doivent pas engager les disciples dans des décisions dont ils ignorent complètement les conséquences. Inviter des musulmans à venir prier dans une mosquée alors qu’on ne sait même pas comment faire un pansement relève de l’amateurisme et de l’irresponsabilité. Ce n’est pas une question de foi, loin de là. Au cas où des gens seront contaminés, pour avoir préféré défier frontalement le virus, il faudra tenir rigueur ces personnalités religieuses qui ne les auront pas dissuadées. Prier chez soi en période de danger n’est pas moins méritant que prier dans une mosquée tout en sachant qu’on s’expose et expose sa vie. Fort de cela, il nous faut donc, nous Sénégalais revenir à la raison. L’Eglise, qui est dans la période la plus sacrée de l’année avec le Carême, a même accédé à la demande de l’Etat d’éviter tout rassemblement. La noblesse de ce geste se justifie par l’intérêt central que l’Eglise accorde à la vie humaine. Il faut que la raison gagne de nouveau sa place dans notre vécu et que la foi ne nous conduise vers le fanatisme. Le cas contraire, le virus qui se nourrit de rassemblement, ne nous laissera ni un temps de répit ni la possibilité de le défaire. Pr Ababacar Gaye/SeneNews kagaye@senenews.com
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